dimanche 12 décembre 2010

Le pouvoir de la mémoire

 J'adore cette photo.

Quand on aime la danse et qu'on l'a pratiquée, on devient une espèce de fétichiste des chaussons et autres pointes (en satin j'entends).
Je garde précieusement tous les chaussons qui ont accompagné mes heures passées à la barre. Je les ai mis là, dans un coin de ma chambre, mais je les voie tous les jours. Je vais vous dire un secret: des fois, j'en prends un et je le sens. Je le mets sous mon nez et je m'imprègne de cette odeur si caractéristique, mélange de tissu, de colle, et de la résine qu'on met dessus pour ne pas glisser. C'est ma Madeleine à moi. Un odeur d'enfance, de passion. Des souvenirs. Et plein d'images rangées dans ma mémoire refont soudain surface. Les visages des profs de danse, des copines, les salles de cours, les diagonales enchaînées, la douleur aux pieds, les crampes aux mollets la nuit après les cours. Même les musiques semblent résonner dans ma petite tête.











 D'autres fois, dans mes rêveries, je m'imagine si j'avais eu plus de talent.... mais on referait tant de choses avec des "si", mieux vaut ne pas s'engouffrer dans cette brèche.





La danse est une école de la discipline qui, malheureusement pour les novices et heureusement pour les amateurs éclairés, ne supporte pas l'à peu près et vous rend trop exigeant avec vous-même.

Mais quand on y a pris goût, on cherche à aller plus loin, plus vite, plus précis, toujours et encore plus précis. On supporte la douleur. Elle devient une copine un peu énervante mais dont on s'accommode car finalement, quand elle n'est pas là elle nous manque.


Et vous, c'est quoi votre Madeleine?

1 commentaire:

Gérard a dit…

Super ton topo sur la Danse (avec une majuscule car c'est un monde tellement diversifié, qu'il la lui faut bien!)
Ayant conservé tes chaussons dans un grenier où la naphtaline rivalisait d'odeurs pénétrantes avec le bois résineux des été torrides et le froid glacial des hivers humides, et ce pendant des lustres, je ne sais pas quelles odeurs finales ont pu ainsi se fixer sur les matériaux néanmoins nobles constituant ces petits chaussons, instruments de torture que nous avons fort heureusement tenu à conserver! Mais l'odeur est le fruit du cerveau! Et lui il a conservé les souvenirs des heures d'efforts et de sueur, dont les odeurs sont ineffaçables!!!
Moi ma madeleine, c'est l'odeur mêlée de fluide hydraulique, d'essence à 100 d'octane, d'huile chaude, d'un peu de cuir et de sueur, odeur unique régnant dans certains endroits confinés où l'on est assis, seul, dans les turbulences d'un coin de ciel!!! Et c'est un peu de la danse aussi!
Altius!